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Photo: Mistral Photographies (facebook-instagram)

Le puppy blues / DoggyBlues

Mettons les pieds dans le plat de suite ! 

Si j’ai tenu à rédiger cet article, c’est qu’il est le fruit de mon cheminement personnel pour mieux comprendre ce par quoi je suis passée. Ces recherches et lectures m’ont permises de mieux comprendre ce qui sous-tenait mon état émotionnel à l’arrivée de Nelliel, mon troisième chien. 

 

Nelliel, si j’avais la naïveté de me demander ce que tu pouvais apporter à notre trio déjà bien rodé… tu n’as pas attendu longtemps avant de me donner un avant-goût. Mea culpa ! Comme pour Django, comme pour Nazca, merci pour tout mon Nel, déjà. 

 

Et aujourd’hui, plus à l’aise avec ce passage de vie, j’ai souhaité vous transmettre par cet écrit ce que j’ai appris, ce que j’ai vécu et ce dans différents buts. 

    Le premier, pour je l’espère être un soutient pour les personnes ayant traversé / traversant cette étape.

    Le deuxième, pour débloquer la parole à ce sujet, d’en apprendre plus sur soi, sur les autres, et peut-être venir en aide sur comment être un soutient à un-e proche vivant cette situation.

    La troisième, je ne sais pas. Mais jamais deux sans trois, alors j’écris quand même cette phrase.

    La quatrième, que j’aurais pu mettre en troisième mais j’aimais bien ma troisième phrase comme elle est alors je ne l’ai pas fait, est parce qu’étant psychologue clincienne ce sujet est à la croisée de mes deux métiers. Naturellement, c’est un plaisir pour moi de m’y plonger. D’une certaine manière, il me permet aussi de faire un pont entre psycho humaine et monde canin, fortement intriqués parfois, car les périodes et expériences que nous vivons auprès de nos animaux peuvent être des occasions de cheminer personnellement, de mieux nous connaître, et d’avancer dans nos vies. 

 

 

Pour commencer, définissons certains termes qui me semblent important pour mieux comprendre ensuite le lien entre doggy blues, psychologie humaine, liens, vécu, émotions… 

 

La plupart de ces définitions seront en lien avec les écrits du DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, une référence en psychiatrie pour son recueil des spécificités cliniques de troubles mentaux) et de fait, compatible avec la classification internationale des maladies de l’OMS (CIM). Toutefois, aucun ne se penche sur les origines des maladies, ce n’est pas leur but.

À mes yeux, il faut aussi prendre en compte toutes les discussions autour de ces questionnements pour laisser place à l’individu et sa subjectivité, et non uniquement aux limites d’un diagnostic, en étant également attentifs que la dernière édition du DSM est parue en 2014 aux USA et en 2015 en France. 

 

Le baby blues : se nomme aussi syndrome du troisième jour. Il se manifeste chez la parturiente par une labilité émotionnelle, ainsi qu’un sentiment de vulnérabilité et une difficulté à faire face à la situation. Ces symptômes apparaissent entre le 3e et le 5e jour. Le baby-blues et relativement fréquent mais reste bénin : ne renvoie pas à une psychopathologie particulière chez la mère. 

 

La psychose puerpérale survient, quant à elle, de façon brutale, entre le 3e et le 14e jour après l’accouchement. Selon les études, sa fréquence varie entre 0,1 et 0,2% des accouchements. Le tableau clinique comprend trois composantes : une dysthymie (trouble de l’humeur impliquant un spectre dépressif), un délire de persécution et un état confusionnel. Le DSM l’inclut parmi les troubles psychotiques brefs, contrairement au CIM-10 qui lui reconnaît un diagnostic spécifique.

 

La dépression post-partum (DPP) : son explication repose, le plus fréquemment, sur un modèle biopsychosocial (oui oui…). 

Les facteurs de risque  biologiques  incluent :

  • des  changements  hormonaux 

  • et une prédisposition  génétique  (Starr et  al.,  2013 ;  Rowe et  al.,  2013 ; Bhandari et al., 2012). 

 

Les prédicteurs psychosociaux les plus puissants de la DPP sont la dépression et/ou l’anxiété durant la grossesse, les événements de vie stressants, le soutien social faible et des antécédents   de   pathologies   mentales   (O’Higgins et   al.,   2013 ; Conde et al., 2011 ; Robertson et al., 2004).

 

Des recherches récentes appliquant la théorie de l’attachement aux symptômes psychiatriques entourant la périnatalité ont mis en évidence  que  les  femmes  enceintes  avec  un  style  d’attachement insécure sont à haut risque de développer une DPP (Feeney, 2003 ; McMahon,   Barnett,   Kowalenko   et   Tennant,   2005 ;  Simpson, Rholes, Campbell, Tran et Wilson, 2003). Dans ces études, la transition  vers  la  parentalité  est  conçue  comme  un  stresseur  de  vie important qui active le système d’attachement (Bifulco et al., 2004 ; Feeney, 2003 ; Simpson et al., 2003).

 

 

 

Faire ce premier point permet déjà de remettre un peu de sens dans les différentes difficultés entourant la périnatalité, étant donné que le terme puppy blues reprend le nom de ces principes, afin d’éviter toute confusion. 

 

Il ne s’agit pas là d’anthropomorphisme (tendance à attribuer à un animal les sentiments, les passions, les idées et les actes de l’Homme) mais il s’agit pour moi de replacer que nous pouvons investir de manière différente le lien que nous avons à notre animal de compagnie. Le vécu de chaque personne est propre, et sans comparer de manière objective, nous pouvons ressentir des choses similaires subjectivement. 

 

Il s’agit non seulement du lien à notre animal, mais aussi des situations que nous vivons à travers les animaux, qui peuvent résonner de différentes manières pour nous humains et finalement faire écho à différentes problématiques personnelles. 

 

Prenons l’exemple du processus de deuil. Le deuil, ce n’est pas uniquement le décès d’un être cher. Le processus de deuil peut-être vécu au moment de la perte de quelconque objet que nous avions investi : un projet, un objet factuel, un animal, une personne, une relation, une projection…  Alors dans les situations suivantes, en lien avec un animal, je peux aussi me retrouver face à un processus de deuil – et de fait, à travers mon vécu avec les animaux, je peux être confrontée à mes difficultés à vivre la séparation, la perte, les changements de liens. 

  • Exemple : avant de prendre mon chien, j’avais imaginé la vie avec un chien de telle sorte : nous irons partout, sans laisse, il s’entendra avec tout le monde parce qu’on aura bien travaillé ça avant, (…). Et, plusieurs facteurs font que, mon chien est réactif / fait de l’anxiété de séparation / est sélectif dans ses liens… L’humain, au moment de la réalisation, sera confronté au deuil de ses projections. 

  • Exemple 2 : mon cheval, mon compagnon qui m’accompagne depuis un sacré bout de temps, avec lequel nous avons traversé tant de challenge, d’entraînements difficiles (…). Mauvaise blessure, accident, ou l’âge passant nous ne pourrons plus faire de concours. Nos modalités relationnelles vont changer, d’une certaine manière, nous ne nous retrouverons plus forcément sur le même type de challenges que nous avions connu. Nous allons reformer un duo, sur d’autres activités, avec d’autres modalités. Et c’est tout à fait ok pour l’humain, tout en n’effaçant pas que l’humain sera confronté, tout de même, au deuil d’une certaine relation / époque de vie / autre. 

 

De même que le deuil, je peux expérimenter différents autres grands thèmes de vie auprès de mes animaux, notamment tout ce qui touche à l’attachement. Je peux le vivre ou le revivre à travers mon animal, et c’est à prendre en compte dans ma manière de voir et de vivre les choses. Prendre soin d’un être peut me ramener à la manière dont on a pris soin de moi, dont je prends soin des autres, dont j’aurais aimé qu’on prenne soin de moi. Pourquoi aujourd’hui je fais ainsi, pourquoi faire ceci est sensible pour moi, à quoi cela me renvoi-t-il ? De mon histoire, de ce que j’ai vécu, de ce que j’aurais aimé vivre, de ce que je n’ai pas vécu (…). Je vous mets en bibliographie quelques ressources à ce sujet qui sont juste une perle.  

 

 

Bon bon bon ! Revenons à notre blues !

 

Le doggy blues, est donc comme vous l’aurez compris, en lien avec le baby blues. Il se s’agit pas comme précédemment de quantifier la durée (entre le 3e jour et le 5e), mais le doggy blues relate plutôt d’un passage émotionnel difficile, sensible, (difficultés d’attachement, d’acceptation du chien dans le groupe familial, troubles de l’humeur…) à la venue d’un nouveau chien dans la famille. 

 

Il n’y a pas vraiment de règle générale à ce sentiment. Il peut être vécu pour le 1er, le 2e ou le 13e chien, pour certains, pas d’autres. Le chien peut avoir 2 mois comme 7 ans, et il peut s’agir d’un chien qu’on avait prévu, attendu, décidé d’avoir comme d’une adoption soudaine ou moins réfléchie. 

Les ressentis sont propres à chacuns, et il ne s’agit pas de comparer. Bon nombre de choses peuvent nous traverser : certains peuvent se sentir totalement désemparés, incapables. D’autres ressentir du rejet par rapport au nouveau venu, avoir l’impression que le chien ne fait pas encore partie de la famille, ne pas réussir à lui faire une place,  ou encore se sentir submergés d’angoisse par la charge mentale qu’amène la vie d’un nouvel être sous notre responsabilité. Et cette dernière est très difficile à prévoir, sans l’avoir vécu. Et même en l’ayant vécu, y être à nouveau confronté peut être destabilisant ! 

 

À mes yeux, il s’agit surtout de comprendre ce qui est en jeu pour la personne qu’on soutient, ou pour soi. Le fait qu’il y ait autant de jeu sur les conditions vient des multiples causes qui peuvent sous-tendre cet état émotionnel. Quelques exemples sur ce qui peut être à l’origine d’un doggy blues : 

  • des difficultés à faire le deuil d’une situation de vie avant le nouveau chien. Que ce soit quand on passe de 0 chien à 1 chien, faire le deuil d’une vie à ne penser ‘’que pour soi’’, pour passer à une vie où l’on pense pour deux. Mais également quand on inclut le chien dans une famille avec d’autres animaux. Le temps que les ententes se fassent (ou ne se fassent pas), le foyer et son équilibre sont bousculés, et tous les individus aussi. Il faut que tout le monde apprenne à se connaître et à fonctionner ensemble et en attendant, les temps peuvent ne pas être tout simple. De voir quotidiennement des tensions / des mésentantes peut renvoyer à quelque chose de très désagréable pour l’humain, cela peut aussi être une source potentielle

  • une difficulté à accueillir la nouveauté, intégrer la nouveauté. Ce n’est pas forcément simple d’ouvrir les portes de chez soi, et des fois, cela peut bousculer un temps 

  • une sensibilité à tous les changements environnementaux. Pour certaines personnes, leur chez-soi est un lieu très important, et tout changement vient faire effraction d’une certaine manière, vient poser une perte d’équilibre. Un équilibre perdu, qui sera retrouvé ailleurs, mais l’entre-deux n’est pas un moment facile à vivre pour la personne 

  • L’inattendue charge mentale du nouveau chien ! facile à dire, toujours sensible à expérimenter, c’est une grosse étape ! Et de mon expérience, je trouve toujours challengeant le moment où j’essaye de faire rendre compte de cette charge mentale à des futurs adoptants. Si certains n’en sont pas bousculé le moins du monde, d’autres malgré discussions et avertissements restent étonnés et secoués en vivant avec le chien adopté. Questionnement personnel, mais je me demande s’il est vraiment possible de se rendre compte de ce que c’est sans l’avoir jamais expérimenté ? 

  • Évidemment, les personnes vivant avec des troubles de l’humeur, certaines sensibilités à des états dépressifs ou aisément en proie aux sentiments d’angoisse / d’anxiété peuvent être particulièrement touchées par tout ces changements, ce poids, ces responsabilités. Et même si on sait qu’elles vont arriver, les vivre, c’est autre chose. Le temps de les intégrer et d’apprendre à fonctionner avec, on peut passer par des étapes pas très plaisantes. D’ailleurs, c’est valable pour tout le monde.

  • Les angoisses peuvent avoir plusieurs natures : avoir peur de ne pas être à la hauteur, d’être responsable d’une décision qui n’était peut-être pas la bonne, de ne pas se sentir capable d’assumer un choix, de ne pas pouvoir gérer, de ne pas protéger les êtres déjà présents, d’avoir bouleversé un équilibre bien en place, de ne plus pouvoir accéder aux activités que nous avions auparavant, de ne pas retrouver la stabilité perdue, peur de faire des erreurs qui auront des répercussions plus tard, peur de la responsabilité qu’est élever un être vivant (…).

 

Et sûrement d’autres situations, très personnelles, auxquelles l’arrivée du nouvel être fait écho – et qui nous renvoient à des problématiques qui ont besoin d’être process. 

Vous l’aurez compris, il y a une infinité de choses qui peuvent être à la source de ces problématiques. Chaque être humain est différent, à son vécu, et son ressenti, et de fait il existe autant de sources que d’humains ! 

 

 

Ce qui est important à mes yeux, c’est de comprendre que l’arrivée d’un chien dans une famille n’est pas un évènement forcément léger pour tout le monde. Certaines caractéristiques de cet évènement, qu’on le veuille ou non, sont significatives et peuvent impacter de bien des manières les humains.

C’est pourquoi j’appelle donc à la bienveillance, celle qui veut que nous pensions à l’autre et à ce dont il a besoin, et en grande partie donc d’accueillir l’autre dans sa singularité. Celle qui veut que nous soyons un soutien, même quand nous ne comprenons pas forcément tous les tenants et les aboutissants de ce qu’une personne proche traverse, cela ne nous empêche pas de lui prêter une oreille bienveillante. 

La dernière chose dont une personne qui traverse un moment épineux a besoin, c’est d’une énième épine ! (C’est beau, non ?)

 

 

Maintenant que vous y voyez un peu plus clair… 

Que peut-on mettre en place pour s’en sortir

 

 

Cette partie demandera à être encore et encore étoffée, et surtout, elle vous demandera de savoir discerner vos besoins, vos ressentis, vos attentes. Nous n’avons pas tous-toutes les mêmes. Il faut savoir s’écouter pour pouvoir exprimer comment les autres peuvent nous aider !  Mais quelques fois, ce n’est pas tout facile de réussir à s’entendre quand nos oreilles bourdonnent déjà… Alors voici quelques petits points : 

 

 

  • Vous entourer de personnes qui sont de réelles ressources pour vous. Je ne parle pas de ces personnes / amis qui vont minimiser votre vécu, vous culpabiliser même discrètement, se moquer de vous ou encore vous parler d’eux alors que vous avez besoin d’être écouté(e) ! Je vous parle de personnes disponibles à votre écoute, que vous puissiez guider sur vos besoins (j’ai besoin d’être écoutée, j’ai besoin de ton avis, j’aimerais bien qu’on aille faire autre chose…) L’entourage va être une clé pour vous ! 

  • Creuser ce qui vous arrive ! C’est l’occasion de mettre au clair un bon nombre de choses ainsi que de mieux vous connaitre, d’évoluer. Que ce soit de cheminer vers une acceptation de la perte, de réaliser les remaniements nécessaires. Il est important de comprendre une situation pour pouvoir en guérir, et éviter de retomber dedans d’une autre manière. Quand l’alarme sonne, éteindre le bruit n’éteindra pas les flammes. Pour cela, certains n’auront besoin que de leur tête, d’autres d’amis, de famille, ou de psychologues ! Et oui. En tant que psy, j’ai de plus en plus de demandes d’accompagnement et de soutien de la part de gardiens de chiens, et je trouve ça formidable. C’est un pont très riche pour travailler des problématiques individuelles, et c’est incroyable de s’en saisir ! 

  • Trouver des leviers pour pouvoir souffler. Il faut absolument que vous puissiez souffler ! Gardez des activités qui vous plaisent et vous font du bien, multipliez-les au besoin. Cherchez une pension où faire garder votre chien si vous avez besoin d’une pause, voir même d’une dog sitter (personne qui vient à votre domicile s’occuper du chien, qui peut l’emmener en balade, ou le garder chez elle) peu importe, vous pourrez toujours adapter à vos besoins les services que vous demandez. Mais prenez soin de vous ! Prendre soin de la personne qui doit s’occuper du chien, c’est prendre soin du chien. Ressourcez-vous ! N’oubliez pas  vos amis, familles ou même voisin qui parfois sont ravis de pouvoir nous aider.  Pour certains chiens il est très difficile de faire garder (même avec plusieurs rencontres), voir de se séparer d’eux. Dans ces cas, même s’il vous sera impossible de partir au Bahamas, il vous est toujours possible de trouver un petit chalet perdu au milieu de nulle part ou partir un petit week-end pour vous reposer avec votre chien sans rien autour, ou encore simplement de trouver à proximité un lieu où il n’y a rien ni personne, pour passer un après-midi au calme ! Reprenez une activité plaisante et reposante avec votre chien et profitez-en. 

  • Créer une relation… et oui ! Le nouvel arrivant pose ses bagages, il est temps de faire connaissance. Aménagez des temps pour apprendre à vous connaitre, en douceur, à votre rythme à tous les deux. Des sorties solos, dans différents environnements, rencontrer de nouveaux copains chiens avec ce nouveau venu, de nouveaux copains humains, essayez peut-être une nouvelle activité avec ? Ne vous mettez pas en difficulté, choisissez des choses à votre portée à tous les deux, des activités qui vous plaisent, ce n’est pas forcé d’être dans la nouveauté. Faites en fonction de vos ressentis. Prenez le temps d’investir votre nouveau rôle, le nouveau protagoniste, la nouvelle structure familiale, et toutes les autres informations. Allez-y un pas après l’autre, après tout, vous avez toute la vie pour apprendre à mieux vous connaître, créer puis consolider votre relation ! 

 

Vous l’aurez compris, le maître mot là-dedans va être de vous accorder… du temps ! Que ce soit de penser ce qui vous arrive, créer une relation, discuter avec des personnes ressource… tout cela prend du temps et il est nécessaire au cheminement ! Nous avons besoin de temps pour ressentir, investir, avancer, évoluer. 

Le temps est la variable clé de l’équation. 

Respectez votre rythme et organisez des temps de pause pour reprendre votre souffle quand tout s’emballe. 

 

Le but de cet écrit est de pouvoir délier les langues, la parole, de permettre une expression libre du vécu, d’être un soutien à la compréhension et peut-être, je l’espère timidement, par extension, à la reconstitution/création de la relation.   

 

Et je finirais cette partie par dire une chose qui peut être épineuse, qui va peut-être m’attirer les foudres de certains, mais je prends le risque. Si malgré vos efforts, à l’arrivée d’un nouveau doudou, vous sentez que c’est impossible pour vous. Que les vécus soulevés sont trop douloureux, insurmontables, que ce n’est pas le moment… Oui, vous pouvez replacer votre chien. 

L’adoption d’un animal ne doit pas être une torture, tant pour l’humain que pour l’animal. Si garder à tout prix votre animal par fierté, égo, culpabilité, peur du regard des autres implique d’être à bout émotionnellement et de faire vivre un enfer à vous-même et donc, forcément, à l’animal, ce n’est pas la peine. Personne ne vous demande de vous sacrifier. 

Je ne fais pas un appel à l’abandon à la première difficulté, ni même à la deuxième ou à la centième. 

Mais une adoption ‘’réussie’’ garde et gardera toujours son lot d’inconnues, il faut l’accepter. Si dans ces inconnu.e.s quelque chose fait que vous ne vous sentez vraiment pas de continuer l’aventure, je préfère largement un replacement dans une famille adaptée que de garder de force le chien et une vie forcée et en peine pour tous. 

Je me permets cet aparté, car peut-être dans les lecteurs il y aura des personnes dans ce cas, et plutôt que d’omettre ces personnes-là, je préfère les guider dans ces non-dits et tabou généraux ! Si vous souhaitez replacer votre chien, faites-le ‘’correctement’’. Accompagnez-vous de professionnels du comportement canin en positif, d’associations qui travaillent avec des pro en positif pour trouver une famille adaptée, sensibilisée aux différents besoins des chiens, et mettre toutes les chances de votre côté pour que votre chien puisse être dans sa famille définitive. 

 

 

 

Et bien… Quel écrit ! Il m’aura demandé de l’énergie celui-là.

Pour finir cet article, je souhaite ouvrir la discussion. 

 

Quand bien même on n’aurait pas vécu de doggy blues, l’arrivée d’un chien reste une charge mentale non négligeable, et ce même si on a souhaité très fort son entrée dans nos vies et qu’on l’aime de tout notre cœur. 

Pour quiconque lit cet écrit, et à qui cela peut apporter du soutient, de la douceur, et faire entendre qu’on est beaucoup à être passé par-là : c’est ok ! C’est ok de se sentir submergés parfois, c’est ok de presque prendre peur de la charge que ça puisse être, c’est ok d’être en rogne, c’est ok d’aimer son chien autant qu’on pourrait le détester parfois. 

Nous réagissons tous différemment aux évènements de la vie, et avec un chien, on en vit des aventures ! Alors c’est ok de ressentir tout un tas d’émotions. Je pourrais vous dire que ‘’culpabiliser ne sert à rien’’, mais ce n’est pas une question de servir ou pas, c’est ce qu’on ressent. On ressent, on intègre, et on va de l’avant ! Si vous êtes en difficulté pour aller de l’avant, n’hésitez pas à faire un appel à l’aide. C’est important ! Vous êtes importants. 

Ce que je peux tenter en revanche de déculpabiliser, c’est le fait de parler de nos émotions et de notre lien à nos animaux. Une petite fée correctrice m’a murmuré, et que j’ai trouvé vrai, c’est qu’on peut parfois – souvent se gêner de parler du rapport à nos animaux. Je pense sincèrement que c’est important de pouvoir parler et partager des émotions que nos animaux peuvent nous faire ressentir, au même titre que n’importe quelle émotion qui peut nous traverser : si on en ressent le besoin, c’est important de pouvoir le déposer quelque part. Et ce par quoi on passe en vivant avec un animal est valide et mérite  d’être entendu ! 

 

 

Sur ce, je vous remercie encore et toujours pour votre soutient. Je vous mettrais plus tard, dès que sorti, le lien vers le podcast de La Niche pour nous entendre papoter à ce sujet, et réagir si vous le souhaitez. 

J'en profite pour remercier tous les petits anges qui gravitent autour de moi, à 2 et 4 pattes. Merci de prendre soin de moi quand je n’en suis plus très bien capable. 

 

 

 

 

Biblio / sources : 

 

  • Lemay, M. (2015). 12. Les avatars relationnels. Dans : , M. Lemay, Forces et souffrances psychiques de l'enfant - Tome 2: Les aléas du développement infantile (pp. 307-327). Toulouse: Érès.

  • Rahioui, H. (2016). Chapitre III. Les transitions de rôle et la dépression du post-partum. Dans : , H. Rahioui, La thérapie interpersonnelle (pp. 133-151). Paris cedex 14: Presses Universitaires de France.

  • Dalla Piazza, S. & Lamotte, P. (2013). Le retour à la maison. Dans : , S. Dalla Piazza & P. Lamotte (Dir), Naître trop tôt: La prématurité expliquée aux parents et futurs parents (pp. 63-71). Louvain-la-Neuve: De Boeck Supérieur.

  • Darchis, É. (2016). Clinique familiale de la périnatalité. Paris: Dunod.

  • Szejer, M. (2021). La psychanalyse dès la naissance. Figures de la psychanalyse, 41, 65-77. https://doi.org/10.3917/fp.041.0065

  • D.W. Winnicott,  De la pédiatrie à la psychanalyse, Paris, Payot, 1969

  • Drossart, F. (2004). Résurgences archaïques chez la mère en période périnatale. Topique, no<(sup> 87), 207-214. https://doi.org/10.3917/top.087.0207

  • Robin, D. (2013). Pour une théorie psychanalytique de l'attachement: Ce que l'observation des singes apprend au psychanalyste : l'archaïque et le pulsionnel. Le Coq-héron, 215, 50-68. https://doi.org/10.3917/cohe.215.0050

  • https://www.youtube.com/watch?v=bEyj4ATWZyg

  • https://www.youtube.com/watch?v=mi6EZ1X_BE8

  • https://www.youtube.com/watch?v=X_tOcC84yiA